Accueil
identité
editorial
legal
Messages 2019
Messages 2018
Messages 2017
Messages 2016
Messages 2015
Messages 2014
renevier
enseignements
claire-lise
chants
Concert
evangelisation
Film
formation
gerbe
jeunes
louange
pdj
tf1
hutter
meissner
schaffter
jon
esperance
Trait d'union
Agenda
marsilly






legal




Editorial du pasteur - Avril 2019

  

Jean 8,1 à 11 :

Les récits de la Samaritaine et de la femme prise en flagrant délit d'adultère sont des perles de l'Évangile.

Tous deux traitent de la difficulté d'aimer.

C'est dans un univers très dur qu'une femme est traînée devant Jésus. Les scribes et les pharisiens semblent très attachés au respect de la loi. Le sont-ils vraiment ?


Au fait, à quoi sert la loi ?

Elle est là pour mettre de l'ordre.

Elle interdit d'emprunter certains chemins, comme par exemple, rouler en sens inverse sur l'autoroute !

Elle lutte contre le chaos, une terre informe et vide où le bien et le mal ne sont plus définis, où rien ne sépare.

Bref, elle est là pour protéger la vie.


Or, les chefs conduisent la femme au temple pour une accusation publique : quelque chose de privé qui devient public.

Simulacre de procès :

Encore une fois, il y a les méchants, il y a les bons.

Et moi, je suis propre.

Quelle est, en fait, la pensée des chefs ?

Jean 7.49 : « mais cette foule qui ne connaît pas la loi, ce sont tous des maudits ! » me montre qu'ils n'ont de respect pour personne.

« Ainsi donc, Jésus, ne perdons pas de temps : Tue-la ! »

Or, encore une fois, Jésus leur montre son œuvre : celle qu'il est venu accomplir.

Il me montre ce qu'il est juste de faire.

« D'après cette loi, elle doit mourir. » ; mais, à la fin, c'est la vie qui est sauvée.


Le piège des chefs :

Légalisme rigide et colère, c'est ici l'aboutissement d'un processus qui conduit à la mort.

Les chefs, eux, ont le pouvoir, le savoir.

Et elle, elle n'a même pas de nom.

Qu'importe !

Il s'agit d'une femme piégée, exposée à des regards voyeurs et qui ne montrent aucune émotion.

De fait, pour eux, elle n'est qu'un objet.

Comme Judas qui se pend, elle n'est qu'un jouet entre leurs mains.

Ils les encerclent, bien, tous deux.

Mais, dans le fond, celui qu'ils visent, c'est Jésus.

« Faut-il, ou non, payer l'impôt à César ? » :

Ils ne cessent de lui tendre des pièges.

Mais là, c'est grave : la vie d'une femme est en danger.

En effet, quel plaisir morbide y a-t-il à salir une femme ?

Non, leur but est bien de prendre Jésus en délit … de miséricorde, en flagrant délit de pardon.


Le mouvement de Jésus :

Tout d'abord, il ne répond pas.

Il s'abaisse.

Il se met à côté, à la place, de l'accusée.

Il prend le temps ; il écrit.

Et, comme on persiste à l'interroger, Jésus demande :

« Que celui d'entre vous qui n'a jamais commis de péché lui jette la première pierre. »

Ils jugent ; ils condamnent.

Mais lui, Jésus, il se met en situation d'infériorité et de vulnérabilité, … à portée de pierres !

Ainsi, Jésus me donne une leçon :

Comment faire taire la violence ?

En s'abaissant !

Saint Ambroise (IVe Siècle) écrit :

« Quand la femme est accusée, le Christ baisse la tête.

Mais, il la relève quand il n'y a plus d’accusateur. »

Ainsi, Jésus s'incline dans la poussière, sur le sol sablonneux.

Il écrit dans la glaise, sur le sol de notre marche quotidienne : fragilité, sable mouvant de l'existence !

Ainsi, Jésus plonge plus profond, … au-delà du texte de la loi.

Car, comme tu le sais, la loi va de pair avec l'écriture :

Il y avait les tables de la loi.

Et, Jésus, maintenant, écrit à son tour.

C'est, d'ailleurs, la seule fois où tu le vois écrire !

Qu'écrit-il ?

L'écriture que la mer efface …

De son doigt, il écrit sur la terre ce qui n'est pas écrit dans la loi de Dieu :

La loi est figée dans des tables de pierre, ... la souplesse du pardon de Dieu !


Le regard de Jésus :

La femme, en fait, ne connaît que deux regards :

Celui qui manifeste l'attrait, le désir sexuel, et celui qui manifeste la haine et la condamnation.

Pourtant, elle ne se défend pas.

Elle n'accuse personne.

Elle se tait.

A propos, que faisaient les nazis pour mieux tuer les gens ?

Il y avait chez eux une volonté de déshumaniser le prochain.

« Tu aimeras le seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force, de toute ton âme. Et, tu aimeras le prochain comme toi-même. »

Mais, dans leur haine contre Jésus, les scribes et les pharisiens ont oublié le résumé, le Sommaire de la loi !

« Libérez Barabbas ! » :

Bien souvent, c'est le groupe qui accuse, alors que la singularité libère. « Et, comme le note Saint Ambroise, lorsque les accusateurs sont partis, Jésus regarde la femme. »

Il la regarde avec respect, avec bonté.

Par ce regard, il la relève : la remet debout.

Il lui rend sa dignité.

Les autres l'accusent :

Mais lui, Jésus, il regarde les gens avec tendresse et refuse de les juger.

Son regard sauve, il redonne vie.

Oui, Jésus pose un regard de tendresse sur la femme blessée, apeurée. Il s'agit, ici, de ce regard neuf qui fait jaillir un cœur nouveau, une relation nouvelle.

À ce sujet, Simone Weil, la philosophe, écrit :

« L'une des vérités fondamentales du christianisme est que c'est le regard qui nous sauve. »

Isaïe 43.3-4 :

« Je suis l'Eternel ton Dieu, le Saint d'Israël, ton sauveur, ...

Tu as du prix à mes yeux, je t'aime. »

Tout visage humain est comme un cri appelant la grâce de Dieu :

Comment, donc, est-ce que je parle ?

Comment est-ce que je m'adresse à l'autre ?

Le monde, hélas, est rempli de violences.

Malheureusement, aussi, il est toujours possible que je blesse, par ma langue, le prochain.

C'est pourquoi, plus que tout, j'ai à purifier le regard que je porte sur ceux qui m'entourent.

Car, oui, tout commence par là : le regard !

Saint Ambroise, encore, écrit :

« Jean a raison de dire qu'ils partent tous.

En effet, ils ne vivent pas vraiment sous la loi de l'amour.

Par contre, la femme, elle, à cet instant, demeure seule avec Jésus. »

Quant à Saint Augustin, il ajoute :

« Ce sont la MISERA ET MISERICORDIA (misère et miséricorde) qui se rencontrent en ce moment. »


« Moi non plus, je ne te condamne pas. » :

Cette pauvre femme a bien failli disparaître sous un tas de méchancetés.

Heureusement, Jésus la protége contre la cruauté :

Elle arrive poussée par le groupe.

Elle repart seule.

Ils sont arrivés en groupe.

Et, ils repartent un par un.

Elle est montrée du doigt.

Et, elle repart en femme libre : en être relationnel.

« Va. »

Comme pour le fils prodigue, Jésus ne mentionne même pas son péché.

« Va. »

Jésus ne profite pas de la situation pour la retenir.

Mais, c'est comme si, après un entretien, avant de se quitter, il lui dit :

« Et, maintenant, n'oublie pas d'être heureuse.

Car, c'est ce que le Seigneur veut. »

« Va. »

Cette parole correspond à une autre que Jésus prononce au sujet de Lazare ressuscité :

« Déliez-le, et laissez-le aller. »

« Va et ne pèche plus ! » :

Pourquoi dit-il ne pèche plus si la chose est impossible ?

« Va et ne recommence pas ! » :

C'est comme si elle a été « flashée » sur la route.

Il y a eu, en effet, photo :

Voici, telle est ta situation.

Mais, arrête « ça », tu te détruis !

« Va et ne pèche plus contre l'amour ! »

Comme tu l’as remarqué, quand les autres partent, elle ne s'enfuit pas : elle ne part pas en courant.

Ainsi, cher frère, chère soeur, va avec mon amour dans le cœur.

Et, n’oublie pas : reviens si tu as douté(e) !


La grâce :

« Moi non plus, je ne te condamne pas. »

Mais où va-t-on si on commence à pardonner tout le monde ?

A l'église d'Ephèse, Ephésiens 3.18, Paul écrit :

« Je fléchis les genoux devant le Père, afin vous puissiez comprendre quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, de l'amour de Christ. »

En effet, il n'y a rien de plus sanctifiant que la grâce, que la connaissance de l'amour de Dieu :

Non pour te culpabiliser, encore une fois (!), en disant : « Cette fois, au moins, je ne vais plus décevoir ! »

Tu décevras.

Mais, pour dire : « Je n'ai plus besoin de voler, de tricher, de jouer des coudes, bref de pécher !

Car, Dieu, mon bon Sauveur s'occupe de tout. »

« Moi non plus, je ne te condamne pas. » :

Quand tu es condamné, tu n'as plus rien à faire, te voici en prison.

Mais, lorsque tu rencontres Jésus, un chemin nouveau s’ouvre devant toi.

Oui, la grâce est féconde.

A ce sujet, Saint Ambroise écrit :

« Que la grâce te corrige donc, tandis qu'un châtiment aurait bien pu te frapper, mais non te corriger ! »

Car, ce ne sont pas les pierres lancées qui peuvent changer le caractère : seul un regard plein d'amour peut le faire.


Faire « juste » :

Au départ, la situation est complètement bloquée.

Mais, à la fin, Jésus libère à la fois les chefs de leurs mauvaises pensées et la femme de sa faute.

Qu'a fait le Christ ?

Il leur propose le test du miroir :

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

Et toi, où en es-tu ?

Où est-ce que tu te situes par rapport à « ça » ?

Ainsi, il renverse leur positionnement : Il les fait changer de perspective.

Ils se croient justes.

Mais, il est impossible d'affirmer : moi, je suis « clean », cent pour cent propre !

La question de départ était celle-ci :

Acceptes-tu, Jésus, de te soumettre à la loi ?

Jésus ne remet pas le commandement en question.

Mais, il affirme :

Et toi, qui es-tu pour condamner, tuer ?

Romains 3.23 :

« Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. »

Jeter la première pierre est devenue une expression populaire :

De ceci, jurés et juges doivent se souvenir !

Ainsi, la loi permet de reconnaître le péché.

Mais, elle interdit de pointer quelqu'un du doigt sans que les autres doigts de ma main me montrent moi aussi.

Bref, elle m’interdit de me croire supérieur.

Ainsi, Jésus n'humilie personne.

Il ne s'énerve contre personne : pas même contre les chefs de la loi ! Mais, il ramène chacun à sa responsabilité : la foule qui n'est pas sans péché, et la femme en lui disant de ne plus pécher.

Michée 6.8, me le dit clairement :

« On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l'Eternel demande de toi :

Fais ce qui est juste, ce qui est droit.

Aime l'amour : chéris la miséricorde.

Et, marche humblement avec ton Dieu. »

Ainsi, je dois aider la personne.

Oui, car condamner simplement l'autre, ce n'est pas l'aider à marcher : à reprendre la route.

Qu’a fait, en fait, Jésus ?

Il a, encore une fois, accompli l'exploit de remettre chacun devant sa responsabilité : chacun devant sa responsabilité pour avancer un pas de plus avec le Seigneur !

Ézéchiel 18.23 :

« Ce que je désire, est-ce que le méchant meure ? dit le seigneur, l’Eternel. N’est-ce pas qu’il se repente et qu’il vive ? »

 « Va et ne pèche plus contre l'amour ! »

Comme tu l’as remarqué, quand les autres partent, elle ne s'enfuit pas : elle ne part pas en courant.

Ainsi, cher frère, chère soeur, va avec mon amour dans le cœur.

Et, n’oublie pas : reviens si tu as douté(e) !

Romains 3.23-24 :

« Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu.

Mais dans sa bonté, Dieu les rend justes gratuitement par la foi en Jésus-Christ : le seul juste, qui les libère du péché. »